D’où vient le concept du paddock paradise ?
Jaime Jackson est un spécialiste américain des chevaux pieds nus. Il a d’abord étudié longuement les chevaux sauvages. Ses recherches lui ont permis d’observer que les chevaux sauvages vivent plus longtemps que leurs congénères en captivité et qu’ils ne soufrent pas des maladies du sabot qui touchent les chevaux domestiques, maladie naviculaire et fourbure notamment.
Par la suite, Jaime Jackson a expérimenté un parage permettant aux chevaux en captivité de se passer de ferrure tout en ayant de solides sabots. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le parage pieds nus ou encore parage naturel.
Mais pour Jaime Jackson, l’alimentation et l’environnement des animaux sont indissociables du parage pieds nus pour obtenir des équidés en bonne santé. C’est ainsi qu’il a élaboré le concept du paddock paradise.
Qu’est-ce que le paddock paradise ?
Le paddock paradise est un mode de gestion de la pâture qui optimise le mode de vie des équidés en leur procurant un environnement sûr et en favorisant les déplacements grâce à l’utilisation leurs comportements instinctifs. Le but étant d’obtenir des animaux bien dans leur tête et bien dans leurs sabots, à l’image des chevaux sauvages.
Concrètement, le paddock paradise est constitué d’une bande de terrain qui longe la clôture extérieure du pré, suffisamment étroite pour inciter les animaux à se déplacer. La forme circulaire de cet enclos leur évite d’être stoppés dans leur mouvement par une barrière, ils parcourent donc de longues distances au cours de la journée.
Dans cet anneau sont aménagées des zones destinées à assurer les besoins élémentaires des animaux : aires de repos, zones ombragées, alimentation, abreuvement, abri. Ces zones sont dispersées, toujours dans l’idée d’inciter au déplacement. Les aires de repos et d’ombre sont plus larges que l’anneau, pour permettre aux équidés de se coucher, se rouler ou pratiquer les grattages mutuels.
Tout le long de l’anneau, le sol et l’environnement sont les plus diversifiés possibles, pour se rapprocher du milieu de vie des chevaux sauvages : sol dur, sableux ou caillouteux, zone humide ou sèche, pente ou terrain plat, arbres.
Comment gérer l’alimentation ?
L’anneau va être pâturé au début, puis il y aura l’herbe va se raréfier. Pour l’alimentation, Jaime Jackson suggère donc d’alimenter les équidés avec du foin toute l’année, en disposant des tas de foins à différents endroits du parcours. Cela évite que les animaux ne stagnent sur l’aire de nourrissage et cela permet de contrôler les quantités ingérées.
Dans la zone centrale de la pâture par contre, l’herbe va pouvoir pousser sans être piétinée. Pour en faire profiter les équidés, il suffit de diviser cette zone en petits parcs. Chacun est ouvert à tour de rôle et refermé dès que l’herbe devient rase.
L’eau est évidemment distribuée à volonté.
Comment gérer le parasitisme, les crottins ?
La zone extérieure du paddock paradise étant utilisée toute l’année, il est important de maîtriser les parasites des équidés. Le ramassage régulier des crottins et un bon suivi du vermifuge sont donc essentiels pour limiter les infestations par les vers et les mouches.
Un exemple parmi d’autres : notre paddock paradise, pour partager notre expérience
Il y a deux ans, la pédicure qui vient faire le parage des ânesses m’a proposé d’aller voir un paddock paradise pas très loin, intéressée pour en mettre un en place chez elle. Ne connaissant pas du tout, j’ai été étonnée de l’installation. Nous avons posé beaucoup de questions à la personne chez qui nous sommes allées et sommes reparties avec des idées plein la tête. Aussitôt, mon compagnon et moi avons décidé de mettre en pratique le principe du paddock paradise en y apportant quelques petites adaptations. Depuis un an et demi, l’anneau est en place, mais nous apportons encore quelques modifications, suite aux observations que nous avons pu faire avec le recul. Voici à quoi ressemble notre paddock paradise.
La parcelle de prairie consacrée au paddock paradise fait 1 hectare. L’anneau a une longueur de 350 pour une largeur de 6 mètres, plus large à certains endroits : autour de l’abri, de la fourragère, sous les arbres et à un endroit pour englober une pente et des cailloux.
Quand nous n’avions que les 2 ânesses, l’anneau était trop large, il y avait pas mal de zones non utilisées. Avec les deux chevaux en plus, la taille est parfaite, on pourrait même en avoir 2 de plus sans problèmes. Les animaux ont tracé un chemin qu’ils empruntent pour aller d’un endroit à un autre, ils broutent de chaque côté et font leurs crottins dans certaines zones, toujours les mêmes. Quand nous avions plus de poules (une trentaine), celles-ci explosaient les crottins frais à la recherche de nourriture et ils se décomposaient en quelques jours à peine. Maintenant, nos 6 poules ne suffisent plus et il est nécessaire de ramasser les crottins régulièrement.
A l’intérieur de l’anneau, la parcelle a été divisée en 5 parcs de 400 m² (n°1 à 5) et un parc de 800 m² (n°6) avec un grand noyer. Ce parc est plus grand car il sert en hiver si le reste du pré est inondé (la rivière est proche) et en été car il y a de l’ombre et pas mal d’herbe.
A l’extérieur de l’anneau se trouvent :
Les 4 derniers parcs cités communiquent avec une parcelle de 2 hectares, sur laquelle nos animaux peuvent pâturer l’hiver. Nous ouvrons alors de petits parcs temporaires sur celle-ci.
Actuellement, nos équidés évoluent donc sur un anneau qui communique avec 11 parcs. Les petits parcs restent accessibles 1 semaine, les plus grands 2 à 3 semaines. Cela permet un vide sanitaire de 2 mois au moins sur chaque parc, pour éliminer les parasites et laisser l’herbe reposer.
Dès qu’un parc est refermé, nous passons le gyrobroyeur pour éliminer les refus.